« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine… elle est mortelle. » Paolo Coelho

« Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même. » Confucius

« Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace. » Alexandra David-Neel



mercredi 6 avril 2016

De retour a Cuenca !

Je repars donc pour 7h de bus vers Cuenca, avec un paysage magnifique de montagnes bien vertes touffues tout au long du trajet !!





Trop chouette de retrouver Anais et de revoir Cuenca !




mardi 5 avril 2016

Macas et Asuncion, communaute Shuar

Me voici sur la route de Macas plus au sud, tout en longeant la foret et bien sure toujours sous la protection divine...


Je souhaitais faire une halte a Macas, car le coin parait moins touristique que Tena ou Puyo et car les communautes Shuars ne sont pas tres loin…

Je me dirige donc a mon arrivee vers Asuncion, une des communautes Shuar la plus proche, ou en recherchant un centre artisanal, je tombe sur une dame qui m’invite dans sa maloca ou elle accueille d-habitude les touristes, me montre quelques bijoux en perles et surtout va me consacrer bien 1h30 pour repondre a mes nombreuses questions…
Les Shuars perdent eux aussi progressivement leur culture; je me rends compte en discutant avec cette dame qu’elle seule souhaite mantenir certaines traditions, les enseigner a ses enfants, mais que ce n’est pas le cas toutes les autres familles du village, qui apparemment la regardent bizarrement et rient de ses actes. Elle, a ete elevee dans la tradition et s’y est toujours interessee.

Sa famille perpetue encore certaine ceremonies (et pas pour les touristes) comme celle du serpent. Lorsqu’une personne se fait piquer, on l’emmene d’abord au plus vite a l’hopital, puis au bout d’une semaine commence la ceremonie. Le shaman peint tout le corps nu de la personne avec la teinture noire naturelle, qui va representer le serpent. Il enumere avec le reste du groupe, sur un sol jonche de feuilles de bananes, le nom de chaque serpent en commenceant par celui qui a mordu le blesse. Des animaux comme le crabe ou la grosse fourmis ailee (qui se mange) sont charges d’aller annoncer au serpent, un bout de viande au bec, que la victime est norte ou non. Si elle n’est pas morte, le serpent repond qu’iln’a pase te assez puissant et se retire; mais s’il a prouve sa puissance par la mort de la personne, il faut alors se mefier de lui car il recommencera. Les peintures sur le corps du blesse l’aident alors a reprendre des forces et a se proteger de toute autre morsure.

Les danses traditionnelles sont pratiquees lors de la fete de la communaute, ou tout le monde s’habille aussi de vetements folkloriques. Peu de familles effectuent encore les danses traditionnelles pour celebrer des anniversaires ou autres fetes. L’habit traditionnel se compose d’une sorte de toge en tissus satine, cerne par une ceinture tissee de grains. Le tissus peut etre de couleur bleu (en reference a un oiseau), rouge (teinture naturelle issue de l’aciote, une plante qui sert aussi de peinture faciale), ou bleu fonce, teinture naturelle issue d’un fruit, pouvant aussi server de teinture pour les cheveux (et ca part pas facilement! Encore moins sur la peau!).
Malgre l’acces a une ecole bilingue des l’age de 4 ans, tous les enfants sont loin d’etre bilingues, car sont souvent peu stimules dans le cadre familial, ou l’espagnol predomine. Il n’y a que 17 lettres dans l’alphabet Shuar, mais chaque mot ou son peut avoir diverses significations…!


Son arriere grand pere a vecu l’arrivee des missionnaires, qui après avoir amadoue les Shuars en gagnant leur amitie, les ont rendu en esclavage, ont provoque une guerre civile au sein des communautes et les ont repousses plus loin dans la foret. Dans leur fuite des espagnols, les shuars se sont eparpilles au sud du Perou et vers la Colombie. Apres m’avoir raconte cette longue histoire (bien raccourcie ici) de son peuple face aux missionaires, elle me dit qu’on est tous egaux devant dieu et d’ajouter qu’avant l’arrivee des espagnols, les Shuars croyaiet en fait deja en dieu le fondateur, mais qu’ils le percevaient differemment, present a travers les differents elements de la nature. Je reste perplexe… La religión catholique a-t-elle a ce point imbibe et leure leurs esprits qu’ils en arriveraient a renier les croyances des origines, de leurs ancetres et occulteraient les atrocites commises au nom de dieu (et de l’egalite des hommes)? Ils ne croient maintenant en aucun esprit de la nature, pas de duendes dans la foret environnante…!

Si jamais vous passez par Asuncion et que l'idee de dormir chez cette chouette famille vous interesse, sachez qu'ils peuvent vous accueillir et vous faire decouvrir les environs pour une somme plutot modeste.
Voici leurs contacts :
Angel Visuma (0939524266) et Yusrik Dalila (0997098279)
Paroquia Asuncion - Artesanias Nujan

Je reviens alors sur Macas ravie de cette belle rencontre et comme ma quete d'un livre de contes shuars, par deux visites successives a la federation shuar de Sucua, qui m'informe au final que cela fait longtemps qu'ils ne l'ont plu...snif!
Je pars le lendemain matin vers le mirador El Quilamo, au dessus de Macas, d'ou l'on voit normalement un joli panorama sur la ville et les montagnes vertes environnantes (au pied d'une immense vierge blanche) mais d'ou je ne verrai rien du tout, sous la brume!
Le chemin reste tout de meme bien joli avec des oiseaux rigolos et des arbres envahis par des bromelias et de jolis filaments de lichens suspendus aux branches...
Ca donne une atmosphere assez chouette...
Montee en taxi, la descente a pied a observer tranquillement les ptis arbres et les zozios prend en fait un peu plus de temps que prevu, mais je me fais prendre en stop en cours de chemin par un couple de papi mamie bien sympa! Je serai a l'heure pour mon bus !


 Joli point de vu sur le fleuve derriere l'eglise Nuestra Senora de Macas




dimanche 3 avril 2016

Last week

Pour realiser le cadeau que je veux faire a Bayron, j'ai besoin de prendre en photo toutes les etapes de creation d'une sculpture en bois d'elecho. Eh oui, je lui ferai au final un book pro avec ses creations bijoux et sculptures pour qu'il puisse aller demarche les restaurants et agences de voyage de Nauta.
Voici un petit paresseux en construction...




Je profite de la venue de deux argentines en couchsurfing pour aller avec elles a Puerto Misahualli, petite ville connue pour la presence dans ses rues du capuchino, un singe chapardeur, maintenant bien habitue aux touristes!


Tandis que certains meditent (tel un pacha), d'autres jouent avecles fils electriques, en attendant que l'averse passe...
Le port

 Soiree karaoke, cumbia dans un bar et after chez le voisins pour danser encore plus !
Et voici Jenny, Nixon, Jason et Byron !

Nous partons avec Jenny, Bayron et trois de leurs enfants a Ahuano, un village non loin de Tena pour decouvrir la fabrication de poteries super jolies, qui se font generalement dans la province Pastaza plus au sud.  
Tous les materiaux utilises proviennent des alentours, vers le fleuve ou dans la foret. Apres avoir modele une base en argile, la poterie va alors s'agrandir par la superposition de bandes d'argiles.
Une fois modelee la poterie, elle est alors recouverte d'une premiere couche de teinture naturelle couleur ocre provenant d'une roche puis cuite pendant 4h et poncee avec une pierre noire toute lisse. Les dessins sont ensuite realisees a l'aide d'un pinceau fait de leurs propres cheveux appliquant diverses teintures naturelles a base d'autres roches.
 Le petit Pedrido en plein dodo sur mes genoux
Voici venu le jour de ma despedida (fete de depart)! Jenny et sa tante se lancent dans la cuisson du poulet au feu de bois et dans des balotins de feuilles pendant que je prepare un gateau au chocolat !

Cuisson des balotins apres avoir pre cuit le poulet a l'eau car il etait deja tard !
 Et c'est parti pour danser jusqu'a 6h du mat!
En fait je mettrai plusieurs jours avant de partir vraiment...!
Pti tour a la laguna azul, qui fait partie du parc Llanganates, avec une route superbe pour y arriver entre des montagnes toutes vertes! : ))




 humm! platanos maduros con queso!!
Toute la ptite famille! Manque que Bartolo le papa de Juan et Jenny!

Bye bye les enfants, toute la famille et Manuel, 
un voisin artisan qui m'a fait un superbe collier et a plein d'autres belles creations en cuivre, alpaca, pierres et perles! 


lundi 28 mars 2016

Récolte de cacao a la finca!

Petite séance d'artisanat avec Byron, qui me fait un collier sur mesure, avec une habileté impressionnante; travail commun avec mon idée et ses mains qui enchaînent les nœuds, enfilent les graines de wayruro et achira, pour donner au final, un superbe rendu!


On part ensuite le samedi sur le terrain, où nous nous faisons une première récolte de cacao sous la pluie ! Trop contente, depuis le temps que je voulais le faire! Je connais maintenant tout le processus, il ne me manquait plus que le travail sur le terrain, pour récolter ses délicieuses fèves... 
Il y a deux sortes de cacao sur le terrain, un qui de vert, passe a jaune lorsqu'il mûrit et l'autre qui de rouge, passe a rouge et jaune; impossible pour moi de savoir lesquels étaient mures ou non parmi les rouges; je partais donc en vraie exploratrice de cacao à la recherche de coques jaunes cachées dans les feuillages et a travers les gouttes...

J'adore m'amuser à les décrocher et à les faire tomber de l'arbre avec un baton; je laisse a Jenny le soin de les ouvrir pour ne pas m'estropier un doigt avec la machette puis j'enlève les fèves de leur coque pour les récupérer dans un grand sot. Les coques restent sur place, c'est beaucoup plus facile a transporter ainsi! On ramènera peut etre une dizaine de kg, qui seront vendus ensuite a 1 dollar a un intermédiaire. Le lendemain, c'est avec les enfants et avec Carmela, la maman de Jenny, que nous irons récolter le cacao, et avec du soleil cette fois-ci ! Tout comme les enfants, je ne peux m'empecher de gouter a chaque fois aux fèves des différentes gousses, sucer cette couverture blanche si sucrée. hummm !!
 Byron sous la pluie, qui fait tomber les gousses les plus hautes.
Les enfants se sont confectionnés un abri trop chouette pour sucer tranquillement les fèves, pendant que les adultes sont au repas.
Récolte des fèves de cacao avec Carmela, Pedro et Melisa
 ...avec le mari de Carmela (parents de Juan) et Hector

 Melisa s'est confectionnée un superbe panier en feuilles 
pour transporter les bananes bien mures
 La maison familiale sur le terrain!

Comme promis, petit aparté sur la vente du cacao. Ces fèves de cacao fraiches sont vendues à 1 dollar le kilo a un intermédiaire de l'entreprise Kallari, qui exporte à l'étranger la matière première mais fabrique aussi du chocolat dans sa fabrique à Quito.

Le cacao est placé dans ces bacs pour fermenter pendant 15 jours.


Il est ensuite séché sous ces bâches, au soleil, pendant 4 jours.

Puis fin du séchage et tri des fèves par taille sur des grilles aux troues dimensionnés pour sélection pour exportation ou fabrication nationale (les grilles se trouvent empilées là où regardent les enfants)

Mais revenons maintenant dans la forêt, sur le terrain de la famille...

 Après une unième récolte de chonta, broyage à la pierre!

 Pti dej oeufs, bananes et thé de wayusa (plante typique)
 Trop trop mignons...
Byron et ses deux plus jeunes, Suzanna et sa petite fille (soeur de Jenny)

Nous partons avec Byron sur les rives du fleuve à la recherche du palmier Elechos, car je souhaite prendre des photos de tout le processus de fabrication des superbes sculptures qu'il réalise à partir de cette racine. Mon idée est de l'aider à réaliser un book avec des photos de ses créations, tant au niveau des bijoux en perles que des sculptures, pour démarcher les restaurants et agences de voyage, qui s'étaient montrées intéressées à l'époque. Faute de temps, il ne les a pas relancé et n'a rien réalisé. Ayant perdu son travail il y a quelques mois, la situation financière de Jenny, Byron et leurs 4 enfants est bien précaire; ce sera ainsi ma contribution pour espérer générer à la famille une nouvelle source de revenu.



Le palmier elecho

La matière première, extraite du bas du tronc, avec ses trop jolis dessins naturels, comme celui qui apparut dans le tronc, au milieu des thermites, lorsque Byron en détacha un morceau à la machette...un ptit être renfermé à l'intérieur?



Le soir, on est invités à une fête de baptême dans le village. Tout le monde souhaite voir la photo prise dans le tronc de l'élécho, qu'ils interprètent, fascinés, comme étant une image du petit Jésus...
Nous passons ensuite la soirée à danser avec Byron et autres cavaliers, au rythme de la cumbia et de la musique kychwa. Je m'amuse beaucoup plus avec byron qui saute de partout, plutot qu'avec les autres gars qui ont l'habitude de danser en marchant d'un pas sur l'autre, sans entrain et surtout sans jamais regarder leur partenaire (ils regardent partout autour sauf en face!). La chicha de yuca circule, une femme, un bol et un saut a la main, passant d'une personne à l'autre, et nous faisant litéralement boire, le bol a la main. D'autres circulent avec les bouteilles de bière et d'alcool pure de canne à sucre pour remplir les verres de façon régulière...
Etant bien sure l'unique étrangère, je suis alors appelée à venir me présenter au micro par la chanteur de la soirée, qui me demande en même temps au micro si je suis célibataire et si célibataire dispo ou non dispo! hihi! 


 Avec le saut de chicha s'il vous plait !


En attendant un taxi sur le bord de la route pour revenir sur Tena, voici une jolie récolte de 3 types de bananes différentes (qui sont cuisinées vertes ou mûres, de tellement de manières différentes et à chaque repas!), papayes et sacs de cacao (qu'on ne voit pas ici).